La SERE présente Les Films du Voilier



JOURNAL DE BORD

" LE PARADIS DE SANDRA " de Steve Moreau






Dimanche :
Je prépare un film documentaire au bidonville de El Paraíso, à 3000 m d' altitude au dessus de Bogota, en Colombie. Un film qui racontera l'histoire de Sandra, la jeune fondatrice de la maison Oasis qui reunit chaque jour enfants et anciens pour nourrir, éduquer, faire plaisir, soigner ses gens oubliés des quartiers pauvres. Les gens de El Paraíso ont dans les yeux à la fois la détresse et la reconnaissance, C'est émouvant de voir comme ils aiment Sandra, C'est rageant d'entendre comme ils doivent se battre pour survivre. Je suis arrivée mercredi à Bogota, samedi j'étais à la fondation. Une fondation qui s'est beaucoup améliorée depuis ma dernière visite en 2005. Les cuisinières pour mission de nourrir chaque jour 150 personnes. Les membres "directeurs" de la fondation : Sandra, Marcela, Carolina, Carlos et Camilo travaillent avec ce qu'ils ont et ce qu'ils sont pour plus de reconfort et d'espoir.
Samedi :
Nous arrivons à la fondation. Une centaine d'enfants est là, cerf-volant à la main. C'est l activité du jour. Mais d'abord petit déjeuner pour tout le monde : Les 3 étages de la fondation se remplissent très vite, les volontaires distribuent lait et petit pain. Puis départ en groupe vers le terrain d'où on lance les cerf-volants. C'est difficile, il y a peu de vent aujourd'hui mais de 4 a 12 ans tous donnent un maximum d'energie. La vie est tangible et la fondation un bonus de vie. Dans l'apres-midi, c'est repetition de danse pour les anciens en vue d'un spectacle. 6 couples sont venus et Santos, elle, est la pour regarder. L'energie est a son maximum. Après une reunion-bilan chargée de l'équipe eux aussi viennent se detendre. Un sentiment de joie, d'affection se dégage. On est dans l'Oasis.
Dimanche :
Toute une journée avec Don Camilo et Sandra. Ils parlent de leurs souvenirs (il l'a connue et accompagnée toute petite déjà) A El Paraiso le dimanche est je jour de promenade et ils croisent constamment quelqu'un qui a une question, une demande. Nous saluons nous-meme de plus en plus de gens rencontres a la fondation et commencons a etre vraiment a l aise dans ce quartier qui nous parait beaucoup moins dangereux que la rumeur le fait croire, Puis nous allons chez Margarita, une vieille amie de Sandra, de 80 ans. Cette minuscule dame auex lunettes epaisses fait part a Sandra de son probleme : ses enfants avec qui elle vit la frappent. Vivre démuni ne rend pas plus fort ou meilleur. Les rapports se sont inversés : celle qui accueillait Sandra et lui offrait des bonbons a maintenant besoin d elle pour se sortir de son drame quotidien.


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